J’ai analysé les chiffres du commerce extérieur de la France à fin 2025 !
D’abord, un Ordre de grandeur, avant de jongler avec les milliards : nous importons pour 684Mds€ de biens pour 615Mds€ d’exportations. Pour comparer – bien que nos tissus économiques soient bien différents- l’Allemagne exporte 1 570Mds€ en valeur en 2024 ! Nous ne jouons pas dans la même (Bundes)liga !
Pour rappel le PIB français (la richesse produite en une année) devrait s’élever aux environs de 2.940Mds€ pour 2025, en hausse de l’ordre de 1% vs. 2024. Cela veut dire que nous exportons une valeur correspondant à 20 à 21% de la richesse produite en France. Comparons à nouveau avec nos cousins allemands ; ils exportent 36% de la richesse produite (PIB) dans leur pays. C’est ce qui explique aussi les effets négatifs des ralentissements des exportations sur l’économie allemande, par exemple lorsqu’un Président américain décide d’augmenter les droits de douane. L’Allemagne est la troisième puissance économique mondiale derrière les USA et la Chine ; la France est à la 7ème position mondiale.
Le commerce extérieur français
Attention, l’année 2025 a été marquée par une relative baisse des prix de l’énergie, ce qui aide bien entendu le résultat final au 31/12/2025 (déficit commercial en baisse). La situation du premier semestre 2026 sera bien différente ; pas besoin de vous rappeler les prix récents de l’essence !
Premier fournisseur = Allemagne pour 81.5Mds€, premier client = Allemagne pour 86.8Mds€, donc déficit -5.4Mds€ mais qui diminue en 2025.
A noter, avec l’UE (53,7% des exportations françaises), l’activité française est déficitaire de -23,4Mds€, déficit en diminution : les exportations augmentent et les importations diminuent (merci l’énergie moins chère en 2025 ! …).
Hors UE, l’activité française est plus exportatrice qu’importatrice (de 13.5Mds€) ; on ne peut donc pas accuser nos importations d’énergie (pétrole et gaz) de « plomber » nos déficits commerciaux. Notre production nationale d’électricité (nucléaire, entre autre) nous aide à ne pas trop dépendre des importations.
Second fournisseur = la Chine, fournisseur pour 75Mds€, client pour 28.9Mds€ , déficit -46Mds€ ; c’est notre pire poste de déficit comme toujours.
Troisième Fournisseur = USA, second client, déficit -7,4Mds€ qui se creuse
En termes d’excédents, c’est -comme d’habitude- l’aéronautique et le spatial qui tirent les excédents vers le haut (nous avons la chance de finaliser la plupart des airbus à Toulouse et exportons donc la plus haute valeur du produit, le produit fini, assemblé à partir d’éléments fabriqués en Allemagne, en Espagne , etc.). Le business de l’espace est également souvent réalisé à partir de territoires français (Guyane), d’où on lance les fusées.
La seconde rubrique la plus excédentaire sont le parfums et cosmétiques, logique quand on connait la puissance des marques françaises (luxe, L’Oréal, etc.) et du savoir-faire du parfum français. Les produits pharmaceutiques restent excédentaires, ainsi que la Chimie . Les sites de production sont souvent concentrés dans le pôle lyonnais, Centre Val de Loire (pharma), l’Est (biopharma et chimie) et les régions des ports français.
En termes de déficits sectoriels, nous importons beaucoup plus que nous n’exportons en Energie, biens d’équipements, automobile et métallurgie. Les deux premiers secteurs sont habituels, l’automobile et la métallurgie le sont un peu moins mais on connait l’évolution et la concentration de la métallurgie mondiale et la fragilité de notre automobile, toujours plus concentrée sur l’entrée et le milieu de gamme (cibles de chinois), que nos amis allemands d’avantage orientés sur le haut de gamme.