Alors que la saison d’hiver est encore en cours, les équipes commerciales commencent déjà à enregistrer les premières commandes pour l’hiver 2026/2027.
Comme souvent dans l’industrie des sports d’hiver, les signaux sont partiels, hétérogènes, parfois contradictoires.
Mais une tendance commence néanmoins à se dessiner : le marché du ski reste paradoxal, avec des dynamiques très différentes selon les catégories de produits.
Matériel et accessoires : une dynamique globalement positive
Du côté du matériel et des accessoires, les premiers retours sont plutôt encourageants.
Les niveaux de commandes apparaissent solides, confirmant une dynamique favorable pour de nombreux fabricants et distributeurs.
Toutes les marques ne sont toutefois pas logées à la même enseigne.
Celles qui semblent mieux s’en sortir partagent souvent plusieurs points communs :
une stratégie lisible et cohérente dans le temps,
un positionnement clair,
et une communication bien ajustée à leur cible, aussi bien auprès des distributeurs que des consommateurs finaux.
Dans un contexte encore incertain, cette constance semble jouer un rôle clé dans la confiance accordée par les acheteurs professionnels.
Textile : un segment plus exposé et plus volatil
À l’inverse, le textile apparaît plus fragile.
Les prises de commandes y sont plus hésitantes, reflet de plusieurs facteurs structurels :
une saisonnalité très marquée,
une pression concurrentielle forte sur les prix,
et des comportements d’achat consommateurs de plus en plus volatils.
Le textile reste un segment où les arbitrages sont rapides : reports d’achat, promotions plus agressives, dépendance accrue à la météo et aux conditions d’enneigement.
Dans ce contexte, il devient plus difficile pour certaines marques de sécuriser des volumes tôt dans la saison.
Pourquoi une telle dichotomie entre matériel et textile ?
Cette différence de dynamique s’explique en grande partie par la nature même des produits.
Des équipements portés par des tendances structurelles
Les équipements techniques — skis, fixations, casques, accessoires — bénéficient de tendances de fond :
innovation produit, recherche de performance, montée en gamme, mais aussi enjeux de sécurité.
Le casque en est un bon exemple.
Il continue de progresser en vente, aussi bien en Europe qu’en Amérique du Nord, dans un contexte où la location a reculé la saison précédente.
Ce mouvement structurel soutient les intentions d’achat, indépendamment des aléas climatiques à court terme.
Un textile fortement dépendant de la météo
Le textile, à l’inverse, reste très dépendant des conditions d’enneigement et de la perception immédiate de la saison par les consommateurs.
Une météo incertaine ou un début de saison pauvre en neige peut rapidement freiner l’intention d’achat, même si la situation s’améliore par la suite.
Enneigement : une saison contrastée mais en amélioration
Les bulletins d’enneigement montrent, comme souvent, des situations très contrastées selon les zones.
En Europe, certaines stations ont affiché des hauteurs correctes, tandis que d’autres ont connu un déficit notable en début de saison (source : skiinfo.fr).
Début février, la situation apparaît toutefois globalement plus favorable, avec une nette amélioration sur l’ensemble des massifs.
En France, les vacances de Noël ont été marquées par un enneigement modeste, pesant sur la perception de la saison.
La donne a changé fin janvier / début février, avec des conditions nettement meilleures.
Aux États-Unis et au Japon, plusieurs zones ont bénéficié d’apports réguliers en neige fraîche depuis le début de l’hiver, alimentant un certain optimisme côté fréquentation et activité, et donc côté intentions d’achat.
Regard hors de France : des équilibres géographiques à repenser
À l’échelle mondiale, les équilibres régionaux jouent un rôle croissant dans la gestion du risque.
L’Amérique du Nord, qui représente environ 32 % du marché mondial, affiche des perspectives de croissance solides à horizon 2034 pour les équipements.
Les dépenses consommateurs restent élevées et la culture du sport d’hiver bien ancrée.
Les perspectives pour le textile y sont plus modestes, mais demeurent positives.
L’Europe, avec environ 45 % du marché mondial, reste le premier marché.
Là aussi, le textile souffre davantage que le matériel, qui bénéficie des innovations techniques (légèreté, matériaux, technologies connectées).
L’Asie, sous l’influence notamment du marché chinois, continue de se développer et mérite une attention croissante dans les stratégies moyen terme.
Quelles implications pour les décideurs ?
Pour les dirigeants de PME, retailers et marques, plusieurs enseignements se dégagent.
Sur le matériel et les accessoires, l’appétence semble persistante.
Des investissements maîtrisés et des stratégies de précommande cohérentes peuvent encore être récompensés.
Sur le textile, la prudence reste de mise.
La saisonnalité impose davantage d’agilité :
offres flexibles, ciblage de niches performantes (durabilité, technologies intégrées), pilotage fin des stocks.
La variabilité géographique de l’enneigement renforce enfin la nécessité de segmenter les marchés et d’ajuster les prises de risque selon la dépendance à tel ou tel territoire.
E-commerce, femmes et jeunes : signaux à surveiller
Plusieurs études annoncent une part de marché du e-commerce autour de 35 %, avec une croissance attendue dans les années à venir.
C’est un levier de marge pour les acteurs disposant de plateformes performantes, mais aussi un risque de stock accru pour ceux qui en dépendent fortement.
Par ailleurs, les perspectives de croissance sur les produits féminins — encore sous-représentés — et sur les moins de 25 ans apparaissent positives, ouvrant des pistes de développement intéressantes.
En conclusion
Même si la saison est encore en cours, les signaux actuels suggèrent une prise de commande convenable pour les équipements, tandis que le textile reste plus vulnérable.
Un schéma qui devrait guider les stratégies commerciales et marketing, en particulier à l’international.
Le développement hors de son marché domestique n’est-il pas, plus que jamais, un moyen d’équilibrer les risques, de diversifier les dépendances saisonnières et de lisser l’exposition climatique ?
Et vous :
de quelles origines géographiques sont vos principaux concurrents ?
tirent-ils un avantage lorsque la saison est meilleure en Amérique du Nord, au Japon, en Europe du Nord ou du Sud ?
👉 Vos retours et expériences terrain nourrissent toujours l’analyse.

You may also like

Back to Top